Le basket est incontournable pour la famille Baros. Fred, le pĂšre, a Ă©voluĂ© pendant plus de vingt ans dans les joutes du championnat de France. Ă 50 ans, il trouve lâĂ©nergie de poursuivre cette fabuleuse carriĂšre. Et ainsi de rĂ©aliser un des rĂȘves de son fils : jouer Ă ses cĂŽtĂ©s. Ă 50 et 17 ans, pĂšre et fils ont revĂȘtu la tunique des Lilas sĂ©rignacais.
Un nom incontournable sur les parquets. Depuis plusieurs dĂ©cennies, celui de Fred Baros sâexprime dans le milieu de la balle orange du basket lot-et-garonnais. Ce que lâon appelle une icĂŽne des parquets. Une longue carriĂšre que lâintĂ©rieur dâ1,95 m prolonge encore aujourdâhui Ă plus de 50 ans. «â Jâaime ça, câest un peu comme une Ă©chappatoireâ », raconte le SĂ©rignacais. «â Jâen ai toujours envieâ ». Un bel exemple de motivation et de dĂ©termination.
Pendant plus de 20 saisons, le joueur a Ă©voluĂ© en championnat de France. Il a participĂ© Ă lâĂ©criture des plus belles pages de la JIL Colayrac. Ă lâĂ©poque, les «â vert et blancâ » Ă©voluaient en Nationale 4 puis Nationale 3. Les supporters nâont pas oubliĂ© cette fantastique aventure du cĂŽtĂ© de Quimper pour les demi-finales du championnat de France. AprĂšs 20 ans sous le maillot de la JIL, il a rejoint Grandfonds, toujours en N3 (pendant sept saisons) avant de poursuivre pendant cinq ans au BC Layrac-Astaffort. Puis, il a poursuivi ce parcours dĂ©butĂ© du cĂŽtĂ© de SĂ©rignac-sur-Garonne «â Ă lâĂąge de 7 ansâ » Ă Puymirol oĂč il restera cinq saisons encore. En 2020, Fred revient Ă Colayrac (N3). «â Une saison perturbĂ©e par le Covid-19â », raconte-t-il.
Le pĂšre «â ne sâest jamais posĂ© la questionâ » de la retraite sportive
LâintĂ©rieur ne sâest «â jamais posĂ© la questionâ » dâarrĂȘter. «â Peut-ĂȘtre le fait de nâavoir jamais eu de graves blessuresâ », poursuit-il. Dâailleurs, il ne «â veut pas se fixer de limitesâ ». Il ajouteâ :«â
Je nâai pas les genoux qui grincent quand je dĂ©passe les 120, pas km/hâ
Ă ses cĂŽtĂ©s, Hugo Ă©clate de rire et lĂąche tout en complicitĂ©â : «â Tu as Ă©tĂ© fort sur ce coup-lĂ â ». PĂšre et fils aiment bien se chambrer.
Cette saison est cependant assez particuliĂšre et marquante. Elle lui offre lâopportunitĂ© de jouer aux cĂŽtĂ©s de son fils, Hugo (17 ans). «â Bien sĂ»r que je suis heureux de cette opportunitĂ©â », place-t-il.
Depuis lâĂąge de 3 ans, Hugo marchait dans les pas paternels. «â Il a toujours eu un ballon dans les mains, il dribblait dĂ©jĂ â », rigole le pĂšre de famille. Câest Ă Grandfonds avec Isabelle de Brito quâil fait ses dĂ©buts. AprĂšs quelques saisons en «â bleu et blancâ », il rejoint le club de Layrac en benjamins. Le jeune garçon ne dort pas sur les parquets et dĂ©montre certaines aptitudes. Il intĂšgre rapidement les sĂ©lections dĂ©partementales. Un parcours Ă 17 ans dont il garde dĂ©jĂ dâexcellents souvenirs «â comme sa finale au challenge benjamin Ă Bercyâ » oĂč il a reprĂ©sentĂ© la Nouvelle-Aquitaine ou encore «â le titre de champion Nouvelle-Aquitaine en U13 ou celui de champion de France UNSS avec le collĂšge ChaumiĂ©â ».
Avec son 1,92 m pour 73 kg, Hugo Ă©volue au poste dâarriĂšre. Il ne sâappelle pas Baros pour rien, affichant la mĂȘme dĂ©termination paternelle. La maison familiale nâest pas loin de la salle de basket. «â Mon pĂšre parfois mâa fait travailler Ă la salle. Câest un plaisir en rĂ©alitĂ©â », raconte le jeune homme, Ă©tudiant Ă la fac du Pin Ă Agen.
Mais son parcours (comme celui de ses copains) a Ă©tĂ© stoppĂ© brutalement par le Covid-19. «â Une sale pĂ©riode. Pendant deux ans, on nâa pas pu trop jouer. Jâai continuĂ© Ă mâentraĂźnerâ », ajoute le jeune homme. Bien Ă©videmment, un panier de basket trĂŽne devant la maison. Il nâest pas rare que les deux sây retrouvent pour quelques parties endiablĂ©es. «â Il est en forme encoreâ », plaisante le fils au sujet de son pĂšre.
Une aventure commune avec les Lilas sérignacais
Mais Hugo ne lĂąche pas lâidĂ©e de jouer avec son pĂšre. «â Au moins une saisonâ », rigole-t-il. Les alĂ©as rendent la chose possible. Et symbole encore plus fort aux Lilas sĂ©rignacais, le club prĂ©sidĂ© par JosĂ© Ruiz. LĂ oĂč tout a dĂ©butĂ©. «â Quand on sortait de lâĂ©cole, on allait au basket. Il nây avait que ça dans la commune. CâĂ©tait trĂšs bienâ », raconte Fred. Hugo y a fait ses premiers pas en le suivant comme son ombre quand il voulait «â faire un petit dĂ©crassageâ ». «â On va sây filerâ », prĂ©vient Fred qui dĂ©bute donc une nouvelle aventure en championnat rĂ©gional R3. «â Il nây a pas eu dâapprĂ©hension de jouer avec lui. Câest une chance de jouer avec luiâ », enchaĂźne-t-il.
Ă la fin de lâĂ©tĂ©, le pĂšre et le fils ont donc attaquĂ© leur programme pour cette saison commune. «â Il ne faut pas ĂȘtre ridicule. Il faut sây filerâ », raconte Fred. Deux entraĂźnements sont au programme du duo avec le reste de lâĂ©quipe. Le mardi et le vendredi. Le week-end dernier, le championnat a donnĂ© ses trois coups. Une soirĂ©e inaugurale du cĂŽtĂ© de Puymirol pour les Lilas sĂ©rignacais oĂč la partie nâa pas Ă©tĂ© facile. «â On a pris lâeau face Ă une Ă©quipe qui en voulaitâ », raconte Fred, «â il faut sây remettreâ ».
Hugo de son cĂŽtĂ© â tout en donnant la prioritĂ© Ă ses Ă©tudes «â oĂč ça pique parfois avec le travail Ă rĂ©aliserâ » â veut en profiter pour engranger le «â maximum dâexpĂ©rience et sâaguerrirâ ». Son pĂšre le conseille de temps Ă autre. «â Il a dâĂ©normes qualitĂ©s comme son bras gauche mais il doit continuer Ă bosser notamment son mentalâ ».
Hugo sâappuie sur lâexpĂ©rience de «â Papaâ ». «â Câest mon surnom que lâon me donne depuis quelques annĂ©esâ », lĂąche Fred, «â jâaime bien donner quelques conseils. Je ne suis pas lĂ pour me prendre la tĂȘte. Câest que du plaisirâ ». Un bonheur partagĂ©, cette saison, entre pĂšre et fils.